Anniversaire de Sylvain Lelièvre

Le 7 février 2018, Sylvain Lelièvre, auteur-compositeur-interprète, aurait eu 75 ans.

Originaire du quartier Limoilou à Québec, il développe rapidement, en autodidacte, un fort intérêt pour la musique et la poésie. À la suite de l’obtention d’une licence en lettres de l’Université Laval, il se dirige vers l’enseignement collégial, une carrière qu’il mène toute sa vie, notamment au collège de Maisonneuve de Montréal.

Parallèlement, il développe une prolifique carrière musicale qui débute d’abord dans les boîtes à chansons de Québec, où il côtoie les grands noms des années 1960. Dès l’âge de 20 ans, il se fait remarquer lorsqu’il obtient le premier prix du concours international Chansons sur mesure avec « Les amours anciennes », ce qui lui vaut une interprétation par Monique Leyrac. Sylvain Lelièvre se pose alors en héritier des chansonniers, entamant son travail auprès de Léon Bernier et de Victor Angelillo.

Il déménage dans la métropole en 1968, et c’est d’abord en poésie qu’il publie, aux Éditions de l’Arc, avec Les trottoirs discontinus (1969) et Les sept portes (1972). Son éditeur, Gilles Vigneault, qui le prend en amitié, lui propose d’enregistrer un premier album éponyme en 1973 sous l’étiquette Le Nordet, après 10 ans de scène.

Dès ses débuts, Sylvain Lelièvre est reconnu pour peindre et magnifier le quotidien à travers ses chansons. Il aborde les thèmes de l’enfance, de l’amour, de la mer, de la mort et de la musique elle-même avec une grande sensibilité. Brefs moments croqués sur le vif, dénonciation ou réflexion sociale, il crée avec justesse un reflet du Québec.

Les albums se succèdent, et la reconnaissance de Sylvain Lelièvre s’accentue. Le 33 tours Petit matin, en 1975, et l’album Programme double, en 1976, sur lequel on retrouve la chanson « Marie-Hélène », le propulsent dans les palmarès. La même année, il signe la musique de la comédie musicale de Michel Tremblay Les héros de mon enfance. L’album Venir au monde (1981) obtient le Félix de la meilleure réalisation au gala de l’ADISQ. Puis, en 1983, Sylvain Lelièvre obtient la Médaille Jacques-Blanchet pour la qualité de l’ensemble de son œuvre.

En 1994, il remporte le Félix du meilleur auteur-compositeur-interprète pour l’album Qu’est-ce qu’on fait de nos rêves. Dans la décennie 1990, il évolue vers une tendance jazzée, qui culmine vers le spectacle Versant jazz en 2001, dont découle un album live qui lui vaudra une autre statuette. C’est par ailleurs en 1996 que Sylvain Lelièvre publie un premier roman, Le troisième orchestre.

En 2002, à la suite de son décès prématuré, alors qu’il était en pleine ascension littéraire et musicale, de nombreux hommages lui ont été rendus. Le poète Pierre Morency a su décrire avec sensibilité et amitié l’œuvre de Lelièvre : « En quarante ans de carrière Sylvain n’a jamais cessé d’approfondir ses thèmes, d’affiner sa musique, d’y intégrer toutes les ressources du jazz, de faire de chacun de ses spectacles une fête humaine où l’humour se mêle à la gravité, où la musique se déploie en trouvailles subtiles, où la clairvoyance devant les douleurs du monde débouche toujours sur une célébration originale de la vie. Voilà une œuvre de vraie santé, de parfaite maîtrise de ses moyens, mais aussi de liberté et d’invention. » (Tiré de Toi l’ami : cent regards sur Sylvain Lelièvre)

Une œuvre à découvrir à la Maison de la littérature, notamment à travers l’exposition En toute liberté.