Prendre maison

Blogue de Dominique Lemieux, directeur de la Maison de la littérature

Une maison se construit patiemment. Il faut y penser longtemps, se pencher sur la table à dessin, biffer des idées, prioriser les désirs. Les remises en question, les allers-retours, les décisions difficiles : le chemin se transforme parfois en un boisé dense. Puis, un jour, il faut plonger. La vision du départ, ce rêve, s’affirme enfin.

L’Institut Canadien et la Ville de Québec ont eu le courage de croire en ce projet. Je dis courage, parce qu’il en faut pour imaginer un lieu voué à l’écriture, à la création et à l’animation littéraire. Ils ont cru que cet endroit était essentiel, ils avaient raison.

Rendre vivante une maison demande du souffle, de la patience, de l’énergie. Bernard Gilbert et sa valeureuse équipe ont eu du souffle, de la patience, de l’énergie. La Maison – la nôtre, la vôtre – s’est rapidement imposée comme un détour obligé, comme un incontournable pour le milieu littéraire québécois.

Ce lieu unique en Amérique du Nord, cette fierté locale qui rayonne bien au-delà des fortifications du Vieux-Québec, m’accueille maintenant. J’ai le sentimentqu’on m’offre le plus beau cadeau : un lieu inclusif, chaleureux, professionnel, précurseur. Un endroit tourné vers demain, vers le bouillonnement des idées et des nouvelles façons de créer, vers ce qui se fait de mieux en littérature. Un lieu ouvert à l’audace, à la surprise, à l’émotion.

Je suis arrivé le 5 février. J’ai su en traversant la porte – cette première entrée en tant que directeur –, que j’y serais chez moi. Que l’équipe, guidée de main de maître par mon prédécesseur, Bernard Gilbert, est belle, passionnée. Que le champ des possibles est grand. J’ai fait le tour des lieux. J’ai respiré longuement devant la majestueuse exposition du Lactume de Réjean Ducharme. J’ai bifurqué vers l’atelier des bédéistes de la Shop à bulles, j’ai échangé avec l’écrivaine en résidence Nassira Belloula. J’ai été ébloui, comme chaque fois, par la lumière, par la douceur de la bibliothèque.   

La Maison vibre de cette magie propre à ces lieux de découvertes. Elle vous appartient et j’ai hâte de réfléchir aux prochaines étapes de ce beau et grand projet collectif. Je suis comme ce parent émerveillé chaque fois qu’il trace une ligne sur le mur du salon afin de marquer la croissance de son enfant. Il y a quelques marques déjà, et il y en aura d’autres. Je les tracerai avec bonheur.  

Au plaisir de vous rencontrer, ici, chez vous.

Dominique Lemieux
Directeur de la Maison de la littérature