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Auteurs en résidence

Auteure à la rue… auteure à la mer…
16 juillet 2018

Mon séjour est terminé, et je suis passée de la fenêtre à la rue, puis au bas du fleuve, et enfin, à la mer. 

 

La rue, ce ne fut pas pour les manifestations contre le G7, malgré la tentation. Je garde plutôt dans mon coffre au trésor deux belles balades. Ainsi, quelle surprise, lors de la fête du quartier Saint-Jean-Baptiste, de retrouver les visages souriants des préposées rencontrées à la bibliothèque de la Maison de la littérature, accueillant cette fois les passants devant la bibliothèque Claire-Martin, les portes du lieu grandes ouvertes sur les livres. Une heureuse idée, la bibliothèque à la rue! Jean le Baptiste n’était-il pas passeur? Puis, autre balade, autre agréable découverte : la promenade commentée de Marie-Ève Sévigny sur les femmes auteures de Québec. Je ne verrai plus jamais les remparts de la même façon, maintenant qu’Andrée Maillet (via les fins commentaires de cette brillante passeuse qu’est Marie-Ève Sévigny) y a installé pour toujours dans mon imaginaire une jeune femme nue et tempêtant sa révolte.

 

Ensuite, rencontre avec le Cercle des auteurs de la relève. Une merveilleuse soirée, pas tout à fait dans la rue bien sûr, une large table de travail étant plus propice à ce genre d’échanges. Ces jeunes m’ont émue, m’ont surprise avec leur franchise, leur accueil des autres, leur capacité d’analyse et leur intérêt sincère pour la visiteuse de passage que j’étais. Et surtout, leurs écrits pertinents, personnels, parfois provocants exigeaient que je quitte mon perchoir confortable d’observatrice pour m’engager moi aussi dans la mêlée du questionnement. Qui, au fond, ne me quitte jamais, mais cette résidence m’aura tout de même offert une sorte de certitude. Il est toujours possible de dire non à l’agitation et de se mettre en retraite fermée, de vivre à sa façon le cloître, qui, je l’avoue, m’a toujours fascinée et épeurée à la fois.

 

Il a bien fallu repartir cependant et une autre rencontre m’attendait au détour de la route. Pas inattendue celle-là, car au moins une fois par an, sinon plus, je longe le fleuve, et peu importe que ce soit en amont, ou en aval, je m’émerveille. Bien sûr, pendant mon séjour à Québec, le Saint-Laurent était là aussi, à portée de vue de la terrasse Dufferin, mais le fleuve magnifique me fascine encore davantage quand il fait son chemin sans nous, loin de notre trafic, de nos commerces, et de nos selfies.

 

Sans doute un peu à cause de cette miette de sacré qui me hante (et je quittais un temple…), mais sûrement aussi un peu parce qu’il me ramène à la mer.

 

Texte de Marie Cadieux