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Écrire à l’ère numérique | Rencontres de création

En octobre 2015, le projet Écrire à l’ère numérique a réuni quatre artistes, deux Québécois et deux Français, chaque binôme réunissant un écrivain et un dessinateur : Sophie Letourneau et Paul Bordeleau, Laurence Vilaine et Adrian Bloch. Porté par le festival Québec en toutes lettres et le festival nantais Atlantide, ce projet a pour objectif d’explorer le potentiel littéraire des technologies numériques, en confrontant expériences, ressentis, envies, et en créant une œuvre collective. Une œuvre qui parle du numérique ? Une œuvre qui utilise le médium numérique ? « Liberté de création » est le thème qui a lancé la rencontre. Bernard Gilbert donne la parole à Laurence Vilaine.

 

« On a parlé numérique, écriture et dessin, réseaux sociaux, bande dessinée, littérature du Québec, littérature de la France, aussi jeux vidéos et Adrian nous a montré la poésie dedans. On n’a pas parlé twitter parce qu'aucun de nous ne tweet, on a parlé 1.0, on a chacun dit un peu qui on est, geek ou pas geek, à quoi nos vies ressemblent.

 

Ainsi nous sommes-nous apprivoisés pendant quatre jours et des poussières, dans un des tout beaux et flambant neufs cabinets d'écriture de la Maison de la littérature. Sur notre table : papiers, crayons, tablettes graphiques, ordinateurs, crayons de couleur, et aussi pinceaux qui trempent leurs poils dans l’eau.

 

Puis on a levé la tête, et on a vu l'automne par la fenêtre. Rouge, jaune, orange, encore un peu vert. On a évoqué nos villes respectives, un peu de leur histoire, de leur topographie, de leur fleuve et de leurs îles. On a pensé « steampunk », on a invité la nature, ici un héron, là un serpent. Entre le rêve et la réalité, une histoire s’est peu à peu installée. Deux personnages ont débarqué.

 

Alors le dernier jour, on est sorti. Sur l’île d’Orléans, on a marché dans les feuilles. On a cueilli des pommes, ramassé des citrouilles et mangé une soupe, on s’est blotti contre un feu oublié sur la rive du Saint-Laurent. L’histoire petit à petit s’est écrite.

 

On nous a donné la liberté de créer, nous l’avons prise en dessinant un cadre.

 

L’œuvre est en cours, qui sera « numérique », en tout cas pour commencer, elle pourrait aussi être ultérieurement un bel objet de papier. Un groupe que Facebook nomme « secret » nous permet de la poursuivre de nos bureaux et de nos petites vies respectives : des dessins s’échangent, des photographies pour nous nourrir de nos villes et de nos cultures à distance, de pratiques locales comme la cueillette des bleuets autour du lac Saint-Jean ou le métier d’erpétologiste au Muséum d’histoire naturelle de Nantes, mais aussi d’images plus lointaines comme la magie vaudou ou l’habitat troglodytique andalou !

 

Des allers, des retours, donc. Des mots voyagent et tâtonnent, des dessins questionnent. Disons que ça dialogue par-dessus, par-dessous l’Atlantique ! Prochaine étape : mars 2016. Nous serons à nouveau réunis pendant une semaine pour poursuivre l’œuvre et présenter l’aventure, à Nantes, au festival Atlantide. »

 

Laurence Vilaine

 

Depuis octobre, le quatuor développe cette œuvre à distance. La semaine prochaine, Sophie, Laurence, Adrian et Paul se retrouvent à Nantes pour une nouvelle étape de travail. L’œuvre finale sera ensuite diffusée. Un projet soutenu par la Commission permanente de coopération franco-québécoise.

 

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