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Coup d’œil sur des périodiques littéraires québécois et internationaux

Revue de presse du 18 octobre 2018
18 octobre 2018

Le Devoir

13 et 14 octobre 2018

 

La page couverture du cahier « Lire » de cette semaineprésente Nadine Bismuth, qui publiait dernièrement son deuxième roman, Un lien familial. On le décrit comme « une exploration lucide et sensible des mirages de l’amour et de la maternité ».

 

Sont aussi recensés les derniers romans de Jean-Philippe Baril Guérard, Manuel de la vie sauvage, et de Françoise Major, Le nombril de la lune. On souligne ensuite la parution de l’album jeunesse iconoclaste La crème glacée fond plus vite en enfer, de Valérie Picard et Daniel Jamie Williams, qui aborde le thème de la peur d’une manière peu commune en littérature jeunesse. « Mêlant […] burlesque et humour noir, Picard et Williams offrent un conte moderne, franc et sans concession dans lequel la peur de vivre reste finalement beaucoup plus dangereuse que la mort ».

 

Une section est ensuite dédiée à la parution de quatre polars québécois : Adolphus, de Hervé Gagnon, Sur ta tombe, de Florence Meney, L’esquive, de Sylvie-Catherine de Vailly et Rinzen : La beauté intérieure, de Johanne Seymour. On attribue une cote de trois étoiles à chacun des quatre romans.

 

On y lit aussi une critique du récit Poupée de paille, de David Ménard, qui réinterprète la légende de Marie-Josèphe Corriveau, dite La Corriveau, en lui « redonn[ant] […] un visage humain sans pour autant anéantir sa dimension mythique ». Le roman Kanaky,de l’auteur français Joseph Andras, est, pour sa part, décrit comme « complexe et évanescent, comme l’homme dont il dresse le portrait ».

 

Le cahier se termine par une entrevue avec Alexandre Soublière qui vient de publier La maison mère, un essai sur le Québec dans lequel l’auteur « propose de renouer avec le vocable "Canadien français" ». Selon Dominic Tardif, « même s’il mène cette surprenante réflexion sur l’identité québécoise, Alexandre Soublière ne peut s’empêcher de puiser à nouveau dans le romantisme désespéré de ses deux précédents romans ».

Nuit blanche

No. 152

Automne 2018

 

 

Le numéro d’automne de Nuit blanche s’ouvre sur une présentation de l’œuvre du poète Eudore Évanturel, précurseur de Nelligan et de la poésie moderne : « Évanturel privilégie les scènes de genre, les tableaux confidentiels […]. Volontairement impressionniste, sa poésie accorde une place dominante aux sentiments et tourne le dos à la poésie oratoire et patriotique qui, à l’époque, a la faveur. »  La section Écrivains méconnus du XXe siècle met en lumière l’œuvre du Roumain Panaït Istrati (1884-1935). Homme à « l’âme nomade et apatride […] Istrati est de cœur avec tous ceux qui souffrent, et la souffrance n’a pas de frontières ». Son parcours l’amène en Suisse puis en France, où il commence à écrire (en français) et à publier en revues. Trois cycles de romans se succèdent autour du personnage d’Adrien Zograffi, alter ego et porte-parole de l’auteur, qui illustre et constate avec amertume « cette disposition des hommes à l’asservissement d’autrui », qui lui vaudra les foudres des communistes et socialistes de son époque.

 

Judy Quinn, qui fait la couverture de ce numéro, discute de son œuvre avec Bruno Lemieux. Au fil des échanges, elle réfléchit sur son rapport aux souvenirs qui alimentent deux des trois romans qu’elle a publiés. « Au fond, le but de l’écriture, ce serait de réchapper de l’oubli ce que ces êtres ont représenté, à défaut de les sauver ». Elle contraste cette voix narrative avec la voix poétique qui alimente les quatre recueils qu’elle a publiés à ce jour. « La voix en poésie est plus fondamentale. Au lieu de construire, elle déconstruit. »

 

Du côté des essais, quatre ouvrages récents permettent à David Laporte de faire le point sur les principaux débats autour de notre langue française. Il s’agit de Regards croisés sur les Français d’ici, un collectif dirigé par Laurence Arrighi et Karine Gauvin, États d’âme, états de langue. Essai sur le français parlé au Québec, de la linguiste Marty Laforest, Le niveau baisse, de Benoît Melançon, et L’insidieuse invasion. Observations sur l’anglicisation, de Michel Rondeau.

 

Le numéro se termine sur les critiques de parutions récentes, tant québécoises qu’internationales.