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Coup d’œil sur des périodiques littéraires québécois et internationaux

Revue de presse du 10 janvier 2019
10 janvier 2019

Le Devoir

Cahier LIRE

5-6 janvier 2019

 

 

Cette semaine, on lit une critique du dernier livre de Natalie Jean, La vie magique, roman d’apprentissage, qualifié de « lumineuse variation sur le thème du deuil ». On parle également de La vraie vie, de l’écrivaine belge Adeline Dieudonné, à qui l'on attribue une « plume tourmentée et fulgurante » ainsi qu’un « sens du rythme exceptionnel ».

 

Dans sa chronique, Véronique Côté réfléchit à la solidarité des campagnes et en profite pour souligner la dernière parution de Francis Desharnais, La petite Russie, qui propose « une autre façon d’imaginer la vie en collectivité ». Dans la série « Les doyens de notre littérature », on rencontre Gilles Archambault, qui nous parle de sagesse avec autodérision et de littérature, laquelle « a été un des enchantements de [sa] vie ».

 

On lit également une critique du dernier polar de Peter Kirby, Les justiciers d’Hochelaga, où « le portrait d’un quartier attachant et grouillant de vie […] s’impose, par sa complexe diversité, comme personnage principal ». Une recension du dernier livre de Yann Queffélec, Naissance d’un Goncourt, qualifie ce dernier de « récit désinvolte, tellement bien tourné qu’on lui pardonne ses imperfections ».

 

On termine avec un compte-rendu du récit Les livres de Jakòb, de l’écrivaine polonaise Olga Tokarczuk, qui « s’intéresse [ici] aux frankistes, une secte d’hérétiques juifs qui accumulaient les conversions […] et les péchés ». Selon Christian Desmeules, il s’agit d’un roman réussi, qui parvient à décrire « toute la complexité et la diversité de l’Europe centrale au milieu du XVIIIe siècle, traversée par la philosophie des Lumières ».

Nouveau Magazine Littéraire

No. 13,

Janvier 2019

 

 

Le premier numéro du Magazine littéraire de 2019 propose d’abord une suite de récits consacrés au mouvement des gilets jaunes en France. Dans le premier texte, l’écrivain François Beaune raconte la précarité vécue en tant qu’auteur. « Économiquement parlant, je suis un gilet jaune, un de ces petits blancs appauvris », écrit-il en dénonçant l’augmentation des inégalités. La plupart des autres textes abondent dans le même sens.

 

Dans la section « Portrait » est présenté Sylvain Fort, le « premier violon de l’Élysée », qui écrivait les discours du président Macron jusqu’au début du mois de janvier. L’écrivain est agrégé de lettres classiques et s’inscrit dans une tradition rhétorique « cicéronienne », qui teintait les discours de Macron « d’histoire et de littérature ».

 

En page 36, la section « En couverture » énumère « 35 penseurs qui influencent le monde ». Parmi eux se trouvent entre autres Yuval Noah Harari, historien et auteur de Sapiens, l’écrivaine féministe postmoderne Judith Butler, l’économiste et auteur du Capital au XXIe siècle Thomas Piketty et la journaliste et essayiste canadienne Naomi Klein.

 

S’ensuivent plusieurs pages de critiques livresques et un dossier sur la vie d’Oscar Wilde. Un texte est consacré au film The Happy Prince, qui revient sur son procès pour homosexualité et ses années passées en prison. Dans le dernier article, Laurent de Sutter détaille la philosophie de l’écrivain : « une jonction entre individualisme et socialisme ».

Le Devoir

Cahier LIRE

29-30 déc. 2018

 

 

 

Dans le cahier « Lire » de cette semaine, une entrevue avec Antonine Maillet qui, à l’aube de ses 90 ans, parle de son prochain livre qui s’intitulera Clin d’œil au temps qui passe. Par la vivacité de ses souvenirs et la finesse de son humour, elle nous transmet son goût du bonheur.

 

En page centrale, une entrevue avec l’auteur de bandes dessinée Émile Bravo, qui vient de publier une aventure de Spirou et Fantasio, L’espoir malgré tout. Ce projet se veut un éveil de conscience autour de la guerre où « la drôlerie et la tragédie se côtoient sans incohérence ni lourdeur ».

 

On présente une biographie de la défunte Simone Veil venant de paraître chez Grasset, qui dévoile l’intimité familiale de cette femme aux multiples combats. Ce livre contient une centaine de photographies commentées par ses deux fils. Une fratrie tissée serrée d’où émane la tendresse.

 

Un autre article traite de l’Américaine Alice McDermott, qui a reçu le prix Femina en novembre dernier pour son roman La neuvième heure. L’histoire gravite autour d’une communauté religieuse catholique « Les Petites Sœurs soignantes des Pauvres et Malades » de Brooklyn au début du XXe siècle. Un roman marqué en filigrane par le passage de l’enfance à l’adolescence. Une critique louangeuse le décrit comme : « un roman atmosphérique à l’écriture délicate et dépourvu de sentimentalisme qui nous entraîne avec finesse et équilibre à travers les méandres de conflits moraux ».

 

Les libraires

No 110

Décembre 2018 – Janvier 2019

 

 

 

Au cours des pages de ce numéro, on retrouve une entrevue de Claudia Larochelle avec l’auteure Nadine Bismuth, suite à la sortie de son roman paru récemment, Un lien familial. Dans ce récit teinté d'humour, omniprésent dans son écriture, elle pose son regard doux-amer sur les relations d’amour entremêlées de liens familiaux.

 

On poursuit avec Isabelle Beaulieu qui discute de Françoise en dernier avec son auteur Daniel Grenier. Ce roman relate l’histoire d’une jeune fille de dix-sept ans un peu rebelle, en quête d’identité. Sa vie bascule suite à la lecture d’un vieux magazine qu’elle a volé dans un salon de coiffure. L’écrivain, fasciné lui-même par l’expérience vécue d’Helen Klaben, survivante d’un accident d’avion en 1963, s’en est inspiré pour écrire le parcours de son personnage principal.

 

On souligne également le cinquantième anniversaire de la maison d’édition Les Herbes Rouges. Roxane Desjardins parle de cette belle aventure dans le monde de la poésie.

 

On lit ensuite une entrevue avec l’auteure française Catherine Poulain. Celle-ci s’entretient sur son deuxième roman, Le cœur blanc, en nomination pour le prix Jean Giono. Après la parution du Grand Marin en 2016, l’écrivaine s’est retrouvée étonnée du « tsunami d’intérêt déferlant sur elle » à 56 ans.  Ses deux œuvres parlent des métiers de la terre et de la mer qui ont fait partie intégrante de sa vie.

 

Le dossier du mois s’intitule « Des mets et des mots » et explore autant les livres de recettes que les livres autour de la cuisine, du goût et des rituels qui entourent les repas, car « c’est à table que les personnages se réunissent, discutent, célèbrent, se querellent […] que les événements importants d’une vie sont annoncés, que les convives et les hôtes, ensemble, refont le monde… »

 

Comme à toutes ses parutions, Les Libraires présentent quantité de courtes recensions des parutions récentes québécoises et internationales dans les domaines de la fiction, du documentaire, de la bande dessinée et de la littérature jeunesse.

L’inconvénient

No 75

Hiver 2018-2019

 

 

 

 

La section « Littérature » du numéro d’hiver comprend trois textes. Un premier, de Michel Biron, se consacre au roman Les villes de papier, de Dominique Fortier, qui explore la vie de la poète Emily Dickinson. C’est un livre, écrit-il, où « l’action est minimale. Les villes de papier nous entraînent là où il n’y a plus de romanesque, là où une poète s’est retirée du monde ». Une sorte de livre-cocon.

 

Marie-Andrée Lamontagne écrit à propos du roman islandais Àsta, de Jón Kalman, dont l’histoire raconte les vies d’une jeune fille et de ses parents à travers leur recherche d’un bonheur insaisissable dans différents pays et leurs époques. Elle continue avec un commentaire sur Le monarque des ombres, dans lequel Javier Cercas retrace le destin de son grand-oncle qui était franquiste pendant la guerre civile espagnole. « Une indéniable réussite littéraire », écrit-elle.

 

Dans « Est-il possible de vivre ensemble? », David Dorais s’attarde au roman Vivre ensemble,d’Émilie Frèche, qui raconte les difficultés d’une famille recomposée ayant décidé de vivre en communauté. Il se penche aussi sur la polémique qui a entouré la publication, tandis que l’ex-copine du conjoint de l’auteure a déposé une plainte pour atteinte à la vie privée. Elle a notamment accusé Frèche d’y dépeindre défavorablement un personnage inspiré de son fils. Au-delà de ces immiscions de la fiction dans le réel, David Dorais juge que ce que ce roman « fait sentir de plus fort, c’est la sensation ennuyante d’être plongé dans l’ordinaire et le quotidien. Des tribulations usuelles auxquelles chacun peut s’identifier ».

Lettres québécoises

No. 172,

Hiver 2018

 

 

On trouve dans ce numéro un dossier spécial portant sur la littérature jeunesse. On y découvre des entrevues avec plusieurs auteur.e.s et illustrateurs.trices pour enfants et adolescent.e.s, dont Marie et Dominique Demers, Patrick Isabelle, Guillaume Perrault, Catherine Lepage, Simon Boulerice, Biz et Claudia Larochelle. Chacun.e présente sa vision et ses idées concernant cette littérature qui s’adresse aux jeunes, souvent boudée ou méconnue, malgré son importance.

 

On offre également un costaud dossier critique, où plusieurs œuvres sont qualifiées de « remarquables ». Du côté des romans, Je suis Ariel Sharon, de Yara El-Ghadban, Querelle de Roberval, de Kevin Lambert et Feue, de Ariane Lessard, s’attirent des éloges. La pièce À quelle heure on meurt?, de Réjean Ducharme et Martin Faucher, ainsi que les recueils Pont Rhodia, de Xavière Mackay, 96bric-à-brac au bord du lac, de Charles Sagalane, et Comment nous sommes nés, de Carole David, sont également positivement recensés. On remarque aussi les essais La révolution dans l’ordre, de Jonathan Livernois, et Le centenaire d’Anne Hébert, collectif réalisé sous la direction de Nathalie Watteyne. La bande dessinée Les ananas de la colère reçoit aussi une appréciation positive, en tant qu’album « hilarant » et « intelligemment niaiseux ».

 

Le cahier « vie littéraire » comprend un hommage à Germaine Guèvremont pour souligner le cinquantième anniversaire de son décès. Le numéro se clôt sur un cahier « création », avec un poème de Louise Dupré, une nouvelle de Samuel Archibald et un lecture illustrée de Mélodie Vachon Boucher.

Le Devoir 22-23 décembre 2018

 

 

Le cahier « Lire » s’ouvre sur une occurrence d’une série de rencontres de Dominic Tardif avec les doyens de notre littérature : il y offre une longue entrevue avec l’auteure des Fées ont soif, Denise Boucher, qui fait un survol de ses années de militantisme et de révolte, pour ensuite affirmer : « Au quotidien, je ne sais pas que je suis vieille, c’est dans l’œil des autres que je le vois ». Les pages centrales illustrent le livre Ils ont marché sur la lune avec une entrevue de son auteur,Philippe Henarejos, rédacteur en chef du magazine Ciel et Espace. Quelques critiques suivent, d’où ressortent l’éloge de Saint-Jambe, d’Alice Guéricolas-Gagné, une fresque inspirée du quartier Saint-Jean-Baptiste de Québec, ainsi qu’une recension flatteuse du Crime en toutes lettres, de Sophie Hannah, qui redonne vie au célèbre inspecteur Hercule Poirot.

Lire

No. 471

Déc. 2018 - Jan. 2019

 

 

Ce numéro présente, d’entrée de jeu, une enquête sur la « révolution tranquille » du livre numérique. On y décrit les changements opérés dans le marché de l’édition depuis l’apparition des liseuses et l’utilisation progressive des formats numériques par les lecteurs.trices.

 

Un dossier spécial de 40 pages présente ensuite « les 100 livres de l’année ». On y trouve d’abord un entretien avec Philippe Lançon, auteur de Lambeau, lequel est désigné comme préféré des éditeurs.trices du magazine. Du côté de la littérature française, on retient aussi Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu, lauréat du prix Goncourt 2018, Frère d’âme, de David Diopp, et Le Sillon, de Valérie Manteau. En littérature étrangère, My Absolute Darling, de Gabriel Tallent, et La neuvième heure, de Alice McDermott, retiennent l’attention. On s’entretient également avec Jérémy Fel, auteur de Helena et autres romans de genre, dont les histoires font frissonner de plus en plus de lecteurs et lectrices. Une entrevue avec Emil Ferris fait découvrir l’auteure de Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, « une des réussites majeures de la BD de ces dernières années ». 

 

On parle ensuite du succès inattendu du quatrième tome de l’Histoire de la sexualité : les aveux de la chair, de Michel Foucault, « 19e au classement des ventes toutes catégories confondues en avril », puis de l’Israélien Yuval Noah Harari, dont l’« incroyable talent de vulgarisateur » a permis à ses livres de battre des records de vente partout dans le monde.

 

Le numéro présente aussi une sélection de beaux-livres, puis une série d’extraits d’ouvrages à paraître en littérature française. On termine avec la chronique « Biographie d’un classique », qui s’attarde à Lolita, de Vladimir Nabokov.