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Lendemain de vertiges

Ce fut une vague. Une vague de vertiges splendides.

 

Le festival Québec en toutes lettres a charmé Québec du 20 au 28 octobre dernier. Après neuf jours effrénés, l’équipe a enfin pu reprendre son souffle, le cœur gorgé d’un sentiment du devoir accompli et d’une fierté d’avoir insufflé de la magie dans le quotidien des citoyens.

 

Les jours passent et l’effet demeure. Je reste marqué par cette rencontre magnifique avec Suzanne Jacob, grande auteure d’ici, qui nous a immergés dans des détours inattendus, et que j’ai vue émue devant la touchante interprétation de L’obéissance par Pascale Montpetit, accompagnée au piano par Martin Lizotte. Je m’incline encore devant la vivacité formidable et la pertinence d’Antonine Maillet. Je repense à ces délicieuses rencontres avec les Souffleurs, notamment cette première sortie au sommet des édifices entourant la bibliothèque Gabrielle-Roy – les yeux d’Isabelle Forest, responsable de la programmation, témoignaient de son bonheur total de les voir enfin en action à Québec, un rêve qu’elle portait à bout de bras depuis dix ans. Je m’émerveille des formidables poètes ayant défilé pendant la Nuit de la poésie – des lèvres amusées de Jean-Paul Daoust à la livraison coup de poing d’Émilie Turmel. Je reste marqué par la performance magistrale de Sébastien Ricard pendant La bibliothèque interdite – franchement, chapeau à Denis Plante pour ce projet incroyable. Je demeure stimulé par les discussions tenues lors du coup d’envoi du festival – les commentaires enthousiastes des spectateurs ont confirmé le succès de cette journée. Je souris en pensant à cette animation de Marianne Dubuc qui s’est terminée dans le noir complet, après une panne d’électricité : les enfants se sont rassemblés devant elle, et nous les éclairions à la lueur de nos téléphones. Je repense à ce Cabaret désobéissant qui a enchaîné des propositions originales et a démontré la force de frappe de nos invités. Je hoche la tête au souvenir de la rencontre entre La Bronze et Véronique Grenier; je revois le plaisir de mes voisins de table pendant le Bingo littéraire Kwahiatonhk! 

 

Ce fut de beaux vertiges.

 

Mais ces vertiges ne seraient restés que des rêves sans le soutien de nos partenaires financiers, sans la contribution des artistes invités, sans la collaboration des nombreux partenaires, sans le rôle majeur de nos merveilleux bénévoles, sans l’engagement enthousiaste de l’équipe qui m’entoure.

 

Ce festival fut une réussite. Ce festival fut leur réussite, à eux. Ce festival fut votre réussite, surtout, parce que votre présence assidue, enjouée, chaleureuse a permis de donner sens à ces moments de beauté. Vous étiez nombreux au rendez-vous, et ça a contribué à alimenter ce doux vertige.