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S'émerveiller

Plus d’un mois déjà que je m’amuse dans ces nouveaux décors lumineux. Déjà, l’émerveillement opère. C’est un privilège de côtoyer d’aussi près ce qui se fait de mieux en arts littéraires. De jour, les projets se développent, les partenariats se dessinent, les rencontres se multiplient, les courriels s’échangent, les collègues s’activent pour prévoir les moindres détails.

 

Puis, le soir arrive. Le public se pointe. Les lumières se tamisent. On redevient spectateur et on se laisse charmer par la richesse des propositions.

 

Ces dernières semaines, il y a eu David Goudreault avec ce brillant appel à une vie parsemée de poésie. Sa passion, son parcours singulier, sa maîtrise des mots, sa spontanéité : j’en suis sorti ébloui… et avec une longue liste d’écrivains à (re)découvrir.

 

La même semaine, dans le cadre d’une résidence éclair, nous accueillions quatre poètes de grand talent : deux formidables ambassadeurs de l’Acadie (Gabriel Robichaud et Serge Patrice Thibodeau), une prodigieuse représentante de la communauté innue (Marie-Andrée Gill) et un citoyen plein d’humanité de notre ville (Jean Désy). Cette résidence Acadie-Québec, initiée par la Maison de la littérature et réalisée en partenariat avec le Festival acadien de poésie de Caraquet, la revue acadienne numérique de création littéraire Ancrages et le Secrétariat aux relations canadiennes, sert à rapprocher des communautés et à faire tomber des préjugés. La performance, construite autour du thème des solitudes, était solide. Dirigés de main de maître par Gabriel Robichaud, les écrivains se sont dévoilés avec un aplomb surprenant. Des passages serraient la gorge, d’autres nous faisaient éclater de rire. Et dire que le projet a été conçu en cinq jours à peine…

 

Pendant ce temps, la salle d’exposition verdit – vous pouvez nous envier ce printemps hâtif – avec le projet des Arbres à poèmes de Hélène Matte. Les visiteurs y écrivent des extraits de poèmes – les leurs ou ceux d’auteurs aimés –, et ajoutent leur feuille sur ces arbres grandissants. Les textes s’écrivent en toutes langues, les extraits sélectionnés impressionnent.

 

Ça ne fait qu’un mois et déjà je suis charmé. Je vous invite à oser la découverte à nos côtés. Ces prochains jours, venez voir ce spectacle multidisciplinaire autour de Marie Uguay, ou cette dégustation littéraire autour des lauréats des Prix littéraires du Gouverneur général 2017, ou encore ces quelques événements du Festival de contes et menteries. Craquez, comme nous, devant les élèves du secondaire ou du collégial qui participeront à ce concours de récitation de poésie sur notre scène littéraire.

 

Il y a du talent au Québec. On le sait, on le répète souvent. Mais pouvoir côtoyer ce talent au quotidien donne le vertige. Les écrivains savent se réinventer, se mettre en danger. Ils ont la capacité de créer du beau, du vrai. La Maison de la littérature a la chance – la grande, grande chance – de faire vivre leurs univers. Venez vivre, vous aussi, ces petits moments de pur émerveillement.