Retour sur la page blogues

40e anniversaire de décès d’Hubert Aquin

Hubert Aquin, comme l’a proposé François Ricard, est certainement l’un des auteurs, avec Gaston Miron, qui ont le plus intensément vécu le drame canadien-français des années 1960. Son œuvre est marquée par l’ambiguïté entre racines identitaires et universalité moderne.

 

Né à Montréal en 1929, il obtient un diplôme de licence en philosophie à l’Université de Montréal avant d’étudier trois années durant à l’Institut d’études politiques de Paris. De retour au Québec, c’est d’abord dans le milieu des médias, auprès de Radio-Canada, qu’il travaille comme scripteur, réalisateur de radio et animateur de télévision. Il devient ensuite scénariste et réalisateur à l’Office national du film du Canada de 1960 à 1963.

 

Publié dans la revue Liberté, dont il devient le directeur, il est d’abord connu pour son œuvre polémique et nationaliste. On lui doit notamment le texte « La fatigue du Canada français », en réplique aux affirmations de Pierre Elliott Trudeau dans Cité libre.

 

Actif au sein du Rassemblement pour l’indépendance nationale de Pierre Bourgault, il se situe dans la frange la plus radicale de ce mouvement. Il prend publiquement fait et cause pour le Front de libération nationale en 1964, affirmant par ailleurs lui-même prendre le maquis. Arrêté en juillet pour port d’arme illégal, il plaide l’aliénation mentale, ce qui lui vaut quatre mois d’internement à l’hôpital psychiatrique Albert-Prévost.

 

C’est dans ce lieu que prend forme sa carrière de romancier, alors qu’il y rédige Premier épisode, une publication qui lui octroie le statut d’écrivain révolutionnaire dans le milieu littéraire québécois. Il bouleverse par cette œuvre moderne et éclatée, animée d’une force frénétique, faite de zigzags et d’ellipses, propre à une nouvelle génération d’auteurs issus de la Révolution tranquille.

 

Au cours de sa carrière littéraire, il écrit trois autres romans (Trou de mémoire en 1968, L’Antiphonaire en 1969, Neige noire en 1974) qui lui vaudront de nombreuses reconnaissances. Citons, notamment, le Prix littéraire du Gouverneur général en 1969, qu’il refuse pour motifs politiques.

 

Fort d’une carrière diversifiée dans l’édition, la littérature, le monde des médias et l’enseignement, Hubert Aquin semble toutefois empreint de lassitude. Quittant subitement son poste de directeur littéraire aux Éditions La Presse au mois d’août 1976, incapable de se reconstruire, il décide de mettre fin lui-même à une vie empreinte de fulgurances.

Retour sur la page blogues

On vous invite à commenter cet article sur notre page Facebook

Commentez