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Mary Travers dite La Bolduc

Le 20 février 2016, à l’occasion du 75e anniversaire de sa mort, la chanteuse Mary Travers, mieux connue sous le nom de La Bolduc, a été déclarée «personnage historique» du Québec. La Maison de la littérature lui rend hommage dans son exposition sur les auteurs québécois incontournables : En toute liberté.

 

Mary Travers est née en 1894 à Newport, en Gaspésie, dans un milieu bilingue et modeste, fille d’un père anglophone de souche irlandaise et d’une mère canadienne-française. Elle ne fréquente l’école que le temps d’apprendre à lire et à écrire, mais obtient de son héritage familial une riche connaissance de la musique folklorique traditionnelle qu’elle interprète avec divers instruments. Elle part s’installer à Montréal à l’âge de 13 ans, en 1908, afin de gagner sa vie. Domestique puis ouvrière dans les usines de textile, elle se marie en 1914 à Édouard Bolduc, violoneux et plombier de son métier. La famille Bolduc partage les difficiles conditions de vie des classes populaires des années 1920, puis de la Grande Dépression.

 

D’abord en amatrice, elle participe à des soirées musicales avec des amis gaspésiens, puis participe aux Veillées du bon vieux temps, au Monument-National en 1928. Ces prestations lui permettent de gagner un peu d’argent, et attirent l’attention des auditeurs de la radio CKAC, puis de de la maison de disque Starr. Auteur-compositrice-interprète, elle se fait connaître notamment par le succès La cuisinière et se démarque par ses turlutes légendaires accompagnant des paroles reflétant le quotidien de son époque, comme dans Ça va venir découragez-vous pas.

 

Sa carrière progressant, sur disques et en tournée avec sa Troupe du bon vieux temps (1932), elle atteint des sommets de popularité encore inconnus des interprètes canadiens-français. Elle parvient également à relever considérablement le niveau de vie de sa famille. C’est toutefois un accident de la route en 1937 qui met fin à sa carrière. On lui découvre au même moment une tumeur maligne. C’est des suites de cette dernière qu’elle décède le 20 février 1941.

 

Boudée par ses contemporains qui la trouvaient «vulgaire», elle est plus tard une source d’inspiration pour de nombreux artistes qui la redécouvrent dans les années 60 et la couronnent  «Reine des chanteurs folkloriques canadiens» et première «chansonnière» du Québec.

 

 Jean-Philippe Marcoux-Fortier

  

La chanson du bavard

 

Date d'enregistrement 09-04-1931

 

Y en a qui sont jaloux y veulent mettre des bois dans les roues
Je vous dis tant que j’ vivrai j’dirai toujours moé pis toé
Je parle comme l’ancien temps j’ai pas honte de mes vieux parents
Pourvu que j’mette pas d’anglais j’nuits pas au bon parler français

 

Vous allez m’prendre pour une commère mais c’est mon désir le plus cher
On nous a toujours enseigné de bien penser avant d’parler
Il y en a qu’sont rigolos i’ ont la bouche comme un radio
Pour les empêcher d’parler faut leur ôter l’é’ctricité

 

Trouvez des ouvrages près de chez vous.

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