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Les 50 ans de la publication de L’Avalée des avalés

Un nouvel événement historique a été récemment inscrit au patrimoine culturel québécois : la parution, chez Gallimard, le 16 septembre 1966, du roman de Réjean Ducharme L’Avalée des avalés. L’auteur n’a alors que vingt-quatre ans lors de la soumission de son manuscrit au prestigieux éditeur hexagonal, pied de nez frondeur au rejet d’un précédent éditeur québécois.


Raymond Queneau, alors membre du comité de lecture de Gallimard, y voit un jeune talent prometteur. Sa perspicacité est saluée lorsque l’ouvrage est désigné comme finaliste au prix Goncourt. Sans remporter la prestigieuse reconnaissance, L’Avalée des avalés décroche néanmoins le Prix du Gouverneur général du Canada.


Avec cette œuvre, Ducharme rompt avec la tradition du roman du terroir, arborant une prose unique aux images puissantes et au vocabulaire hors norme; L’Avalée des avalés propulse la révolte tant au sein de sa trame narrative que dans sa langue. Soliloque de Bérénice Einberg, adolescente en proie tant à l’amour inconditionnel qu’aux conflits les plus violents, ce roman présente un personnage au carrefour des religions, des déchirures familiales et des urgences de sa sensibilité. Cette œuvre puissante et troublante est alors unique dans un Québec qui vit un fort vent de changement.


Par ce livre, Réjean Ducharme l’auteur est né à la face du monde. Un monde auquel il semble désormais vouloir échapper, évitant toute apparition publique. Bien que sa réelle existence ait déjà fait polémique, ses succès romanesques et dramaturgiques ne font aucun doute, le consacrant comme l’un des auteurs québécois majeurs de sa génération.


Alors qu’il célèbre tout juste son soixante-quinzième anniversaire, nous ignorons si le récent décès de sa muse et truchement avec le monde public, Claire Richard, anéantira notre dernier lien avec cet auteur, si ce n’est à travers ses œuvres.


Et si, à l’image de l’indépendance et de la révolte de Bérénice, Réjean Ducharme exprimait, par sa propre énigme personnelle, un insatiable besoin de liberté?


Une question à méditer lorsque vous le rencontrerez au sein de l’exposition En toute liberté, à la Maison de la littérature.

 

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