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Dominique Lemieux

Le grand retour
5 août 2020

Remettre les pieds à la Maison de la littérature. C’était presque juillet. Ouvrir la porte, se faufiler dans les recoins familiers, monter les escaliers en colimaçon, redécouvrir cette lumière étincelante. Retrouver des collègues en chair et en os. Se réapproprier un lieu, angle par angle, étage par étage. Arpenter à pas lents. Des livres, et d’autres milliers, comme autant de témoins invisibles du silence des derniers mois. Des dépliants de la vie d’avant - celle qui permettait d’imaginer une centaine de gens bien tassés, respirant le même air, partageant le même émerveillement le temps d’un spectacle. Sur mon bureau, des dessins laissés par mes enfants, des feuilles griffonnées de détails du passé. J’ai eu un frisson, comme devant un ciel étoilé. Comme une sensation de retourner dans la maison de son enfance.

 

Au début de l’année, dans ce blogue, je nous invitais à profiter de 2020 pour suspendre le fil du temps. L’appel a été entendu : le temps fut interrompu. Le fil s’est entortillé sur lui-même, et on essaie encore d’en défaire les nœuds. Ce n’est pas vraiment ce que j’avais en tête. Parce que pour une équipe comme la nôtre, c’est d’abord ce désir de créer des rendez-vous inoubliables entre les artistes et le public qui nourrit notre quotidien. Tout suspendre, tout reporter, c’est contre nature. Il est difficile de faire taire cette envie si forte chez nous de susciter la découverte, l’enchantement, la rencontre.  

 

Les projets ont continué, heureusement, et se sont révélés autrement. La formidable équipe, réunie virtuellement, a continué de rêver à des façons de célébrer la littérature, et les morceaux se sont additionnés en ligne ou ailleurs, pour maintenant ou pour plus tard. Et quelle chance d’avoir pu compter sur tant d’artistes et de partenaires qui ont continué à nous appuyer dans notre mission formidable.

 

Lentement, l’action a repris. D’abord, un service de cueillette pour les livres de la bibliothèque. Puis, la réouverture de la Maison au public fin juin. En juillet, ce fut le recommencement des résidences de création, alors que l’artiste de la relève Vincent Paquette s’installait dans notre appartement pour développer un inspirant projet dramaturgique. Enfin, dimanche dernier, nous présentions la première occurrence des Contes sur le parvis, qui animeront l’extérieur de la Maison de la littérature tous les dimanches d’août. L’automne à venir permettra de poursuivre ce mouvement bien enclenché, et nous avons hâte de vous dévoiler ce qui a été imaginé dans le respect des règles en vigueur, notamment pour le festival Québec en toutes lettres, qui aura lieu comme prévu du 15 au 25 octobre prochain.

 

C’est de ma maison, la petite, sans la majuscule, que j’écris cette promesse d’espoir destinée à la Maison, la grande, l’unique, ce lieu de célébration qui contribue si activement au rayonnement de la littérature et des écrivaines et écrivains d’ici et d’ailleurs. À vous, maintenant, d’y remettre les pieds!